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Edito: élection ou nomination à la CAF, quelle crédibilité pour l'instance dirigeante du football africain ? par Léonie frerra


Rédigé par Kensio Akpo le Lundi 15 Mars 2021 à 13:34



Edito: élection ou nomination à la CAF,  quelle crédibilité pour l'instance dirigeante du football africain ? par Léonie frerra
Élu dans une dynamique de restaurer le droit et la bonne gouvernance dans le football mondial, Gianni Infantino fraîchement à la tête de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) et successeur de Sepp Blatter n’a pas tardé à se distinguer dans des magouilles qui n’honorent pas son statut et l’instance qu’il dirige. Le dossier Issa Hayatou en dit long. Président de la Confédération Africaine de Football (CAF) pendant presque 29 ans, on se souvient tous de la manière dont ce dernier a été évincé de la tête de la CAF. Son successeur Ahmad Ahmad pour lequel Infantino avait personnellement demandé à ce que toutes les Fédérations africaines votent pour lui lors de l’élection de 2017, n’a pas fait long feu à la tête de ladite fédération. Le dossier Hayatou devrait servir de leçon à tous les Africains pour que la FIFA ne s’immisce plus dans le mode d’élection des dirigeants de la Confédération Africaine de Football. Malheureusement, tel ne fut pas le cas pour cette nouvelle élection 2021.


Les candidatures de Augustin Senghor (Sénégal), Ahmed Yahya (Mauritanie) et Jacques Anouma (Côte d'Ivoire) avaient suscité une immense joie auprès de tous les ouest-africains. Il faut le rappeler, aucun candidat ouest africain n’a jamais brigué la présidence de la Caf. Parmi toutes les autres candidatures, celle d'Augustin Senghor était celle qui se démarquait le plus. Aux yeux de tous, monsieur Senghor était un sérieux chalenger pour briguer la présidence de la CAF. Les points développés dans son plan d’action avaient fini d’en séduire plus d’un. Sa gestion depuis dix-neuf ans à la tête de la mairie de Gorée et douze ans sur celle de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a fini de mettre tout le monde d’accord sur ses capacités managériales. Depuis quelques années, maintenant, le Football sénégalais est à son plus haut niveau avec de très bons résultats au niveau national et international (petites et grandes catégories y comprises). À titre d’exemple : l’équipe nationale A du Sénégal est vice-championne d’Afrique et numéro 1 du classement africain depuis presque deux ans maintenant, les joueurs de Beach soccer, quant à eux, sont champions d’Afrique en titre. « Quand je décide d’y aller, j’y vais à fond et c’est pourquoi je me présente comme favori de cette élection à travers mes projets et mon expérience » avait-il lui-même soutenu à Praia le 23 janvier dernier. C’est pour cela que l’annonce du retrait de sa candidature a surpris plus d’un.

 Il faut rappeler que fin février, les candidats ouest-africains s’étaient donnés rendez-vous à Rabat pour discuter d’une éventuelle candidature unique ouest-africaine. Mais à leur grande surprise, l’autre candidat Patrice Motsepe ainsi que des représentants de la FIFA envoyés par Infantino étaient aussi présents. Les détails de la rencontre ont surpris plus d’un, d’autant que la FIFA serait l’instigatrice de cette réunion avec comme objectif : élire le candidat milliardaire sud-africain Patrice Motsepe. Au terme de ces discussions, il a été décidé que Motsepe, au soir des élections du 13 mars, serait président de la CAF, Senghor son 1er vice-président, Yahya le 2e, et Anouma le conseiller spécial de Motsepe. Cette situation démontre une fois de plus l’ingérence de la FIFA dans la gestion de la CAF notamment, celle de ses élections.
« Après concertations avec les autorités sénégalaises au cours des discussions de Rabat et aval du comité d’urgence de la FSF lors de sa réunion qui s’est tenue ce mardi 02 mars 2021, (…) nous avons décidé d’accepter la proposition consensuelle qui nous a été soumise par la FIFA, le Maroc et l’Égyptien, cela au nom de l’intérêt Supérieur de l’unité du Football africain que nous avons mis en avant dans notre profession de foi. » Dans ces lignes annonçant le retrait de sa candidature, les autorités sénégalaises ont clairement poussé Senghor à accepter le protocole de Rabat. Pourtant, la FIFA a toujours été contre les ingérences des autorités politiques dans la gestion du football. Récemment, la Fédération Ivoirienne de Football (FiF) a été suspendue par la FIFA pour ingérence de tiers lors des élections du nouveau président. En 2018, les fédérations de football ghanéen et ivoirien étaient menacées de suspension, car la FIFA considérait les interventions des autorités savoir locales dans ses structures comme étant des ingérences. Les candidats ouest africains, pour justifier les retraits de leurs candidatures, ont déclaré qu’ils avaient discuté au préalable avec les autorités de leurs pays respectifs. Suivant cette logique, la question qui se pose ici est de savoir si les fédérations de football sénégalais, ivoirienne et mauritanien seront suspendues pour ingérence politique ?
 








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