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Tensions sur le ciment au Sénégal: Dangote et Sococim arrêtent leurs productions

En Côte d’Ivoire, le prix à la tonne homologué  est de 95 000 FCfa contre 70 000 FCfa au Sénégal. Un différentiel à mettre sur l’écart du pouvoir d’achat entre les deux pays ?

Après Dangote, filiale de Dangote Cement du milliardaire éponyme, responsable de 25% de la production nationale, qui a mis ses employés en congé payé depuis août  2022, c’est au tour de Sococim, filiale du français Vicat, d’arrêter sa production (10 000 tonnes par jour) de ciment début septembre.  Seul donc Ciment du Sahel est encore actif soit à peine 40% de la production nationale.

Les cimenteries mettent la pression à l’Etat du Sénégal. Après l’entreprise Dangote qui avait arrêté ses activités et mis tous ses employés en congés en juin dernier, c’est au tour de la SOCOCIM de mettre sa production à l’arrêt. Condamnant de fait ses employés, ses prestataires et ses fournisseurs à suspendre leurs activités.

L’Etat a bloqué les prix alors que les prix des matières premières (charbon, clinker, emballage, gypse, pièces de rechanges) ont flambé de plus de 200% dans certains cas et ce depuis des semaines, voire des mois. Avec la fermeture de la SOCOCIM, ce sont 10.000 tonnes de ciment en moins sur le marché chaque jour. La situation prive les Sénégalais de près de 60% du ciment habituellement disponible sur le territoire national. Le risque est une flambée du prix du ciment et la menace d’inflation. La réunion du Conseil de la Consommation tenue mardi, n’a rien donné. Aucune décision n’a été prise.

Pour rappel, la filiale du français Vicat, avait procédé, le 13 mars 2019, à une augmentation unilatérale du prix de sa tonne de ciment, à hauteur de 70 000 CFA, soit 3 500 FCFA le sac. Ses deux concurrents (Les Ciments du Sahel et Dangote) lui avaient aussitôt emboîté le pas. La réponse du gouvernement ne s’est pas faite attendre.

Le lendemain, 14 mars 2019, le ministère du Commerce, rendait public un arrêté dont les articles Premier et 2 rappellent que « les prix plafond du ciment ex usine-sont fixés aux prix antérieurs pratiqués au 1er janvier 2018 » et « est considéré comme prix illicite, tout prix supérieur aux prix plafond fixés à l’article premier ».

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