Économie

Adaptation au changement climatique en Afrique : La BAD et le GCA lancent une initiative pour mobiliser 25 milliards de dollars

Le Centre mondial pour l’adaptation climatique (CGA) entend mobiliser 25 milliards de dollars d’ici 2025 au service du financement de l’adaptation climatique en Afrique. C’est ce qui ressort du sommet africain dont les travaux ont été lancés le 5 septembre 2022 à Rotterdam, aux Pays-Bas.

Les dirigeants africains, Macky Sall, président du Sénégal et président en exercice de l’Union africaine, Nana Akufo-Addo, président du Ghana, parlant au nom des 55 pays les plus vulnérables au monde, Félix Thisekedi, président de la République démocratique du Congo ainsi que Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union Africaine, ont effectué le déplacement de Rotterdam pour présenter le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique. En outre, ils ont fustigé l’absence des pays riches au sommet de Rotterdam.

A deux mois de la conférence des Nations unies sur le climat (COP27) de Charm el-Cheikh, en Egypte, les dirigeants africains souhaitaient profiter de ce rendez-vous pour mobiliser l’attention internationale sur l’une des priorités du continent, alors que la pandémie de Covid-19 et le choc inflationniste lié à la crise ukrainienne amenuisent ses capacités financières.

Trente-trois Etats africains sur cinquante-quatre font partie des pays les moins avancés. « Nos pays sont d’ores et déjà contraints de consacrer entre 2 % et 5 % de leur PIB pour faire face à un problème qu’ils n’ont pas créé. Ils reçoivent une part insignifiante de financements internationaux. C’est une des plus choquantes injustices à l’égard du continent », a critiqué Moussa Faki Mahamat.

« Seulement responsable de 3% de la pollution mondiale, l’Afrique est la zone la plus vulnérable face à ces changements climatiques. Chaque dollar investi dans l’adaptation génère un impact de 100 dollars », a rappelé Ban Ki-moon, ancien secrétaire général de l’ONU.

Environ cinquante milliards de dollars par an sont nécessaires pour mettre en œuvre les politiques d’adaptation élaborées par les gouvernements africains d’ici à 2030. Seule une partie peut être assurée sur des ressources intérieures. Le Rwanda a, par exemple, déjà averti qu’il n’était pas en mesure de couvrir plus de 40 % de ses besoins, le Ghana un tiers et le Kenya à peine plus de 10 %.

A noter qu’au cours des années 2019 et 2020, une moyenne annuelle de 29,5 milliards de dollars de financement climatique a été engagée en Afrique et environ 39 % de ces engagements, soit 11,4 milliards de dollars, ont ciblé des activités d’adaptation. Sur les 11,4 milliards de dollars d’engagements d’adaptation suivis de 2019 à 2020, plus de 97 % provenaient d’acteurs publics, tandis que moins de 3 % provenaient du secteur privé.

Le Centre mondial sur l’adaptation climatique estime essentiel « une augmentation de l’accès à des données climatiques solides pour éclairer les décisions d’intégration ».

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