AfriqueÉconomie

Côte d’Ivoire : Madjara Coulibaly «trouver sa place après la guerre »

A 40 km au nord d’Abidjan, Azaguié est une ville d’apparence tranquille. Mais ici, comme partout ailleurs en Côte d’Ivoire, nul n’a oublié la guerre civile qui a déchiré le pays en 2011, causant plus de 3 000 morts et des milliers de déplacés. Après le conflit, qui avait déchiré les communautés de Côte d’Ivoire qui, jusque-là, avaient vécu en bonne entente, le développement communautaire s’est imposé comme un enjeu incontournable dans la reconstruction du pays.

Une évidence, pour Madjara Coulibaly : « La communauté, c’est tout. Quand on vit en communauté, on doit s’entraider », affirme la jeune femme, la vingtaine, qui vit à Azaguié avec son fils, ainsi que sa mère et ses frères et sœurs.  « Mon papa est décédé », explique-t-elle avec pudeur. Du coup, Madjara a dû assumer le rôle de chef de famille dès après avoir décroché son bac.

Mais, grâce au Programme d’appui à l’inclusion sociale et au renforcement de la cohésion (PARICS), Madjara a pu suivre une formation en aviculture. Le Fonds africain de développement a financé ce programme à 46 millions de dollars, qui ciblait les ex-combattants et des jeunes Ivoiriens affectés par le conflit, pour participer à la réconciliation de la société.

Comme Madjara, de nombreux jeunes Ivoiriens ont pu bénéficier d’une formation professionnelle dans les secteurs de l’agriculture, du transport ou de l’économie verte (énergie propre et récupération des déchets), grâce au programme.

Aujourd’hui, Majara Coulibaly a son propre élevage de poulets, dont elle prend soin dans un enclos grillagé de la cour de la petite concession familiale. « Grâce à cette activité, j’arrive à subvenir à mes besoins et ceux de ma famille », déclare la jeune femme. Ma maman est contente de moi. Comme on dit chez nous, elle me donne des bénédictions pour que je puisse améliorer [ma situation] », lâche-elle dans un rire, si fière que sa mère soit fière d’elle.

C’est aussi cette petite ferme avicole « qui m’a permis de me soigner quand j’ai eu une césarienne à mon accouchement », raconte Madjara. Autrement, sans sa petite entreprise, elle n’aurait jamais pu se payer les soins.

Tout juste fiancée, Madjara a retrouvé foi en la vie. Désormais, la guerre n’est plus qu’un mauvais souvenir et elle voit l’avenir avec espoir : « Je veux que mon fils aille loin, qu’il poursuive ses études et qu’il devienne un grand Monsieur dans la société. »

BAD

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page