Société

Première forte pluie : Tout Dakar patauge

La capitale sénégalaise s’est réveillée sous une déluge. Une forte pluie hier matin qui s’est soldée par de nombreux dégâts et une journée de calvaire pour les populations. Le souvenir des inondations a refait surface et hante les populations.
Pendant plus de deux tours d’horloge, l’eau n’a pas cessé de tomber ravivant des scènes de désolation dans des quartiers comme Grand Yoff, Zone de captage et Patte d’oie, les plus touchés par le sinistre des eaux.

Sur place, le désarroi des habitants est sans bornee. Habitant à Grand Yoff et dirigeant le mouvement Aar Grand Yoff, Tony n’a pas assez de mots durs pour fustiger «les autorités étatiques (qui) n’ont pas fait leur travail pour régler définitivement cette question des inondations. Ils devraient faire une campagne prés hivernale pour parer à cette situation. Mais rien de cela n’a été fait pour la simple raison que Grand Yoff est un fief de l’opposition».

Pis, peste-t-il : «Depuis 2012 rien n’a été fait pour arrêter les inondations dans cette commune, il y a un manque de volonté politique. Ce canal à ciel ouvert au milieu d’un quartier ne peut pas résoudre le problème. L’assainissement n’est pas du ressort des communes. Cette compétence n’est pas transférée, c’est à l’Etat de s’en occupe». De l’avis de Tony, «les travaux du BRT ont aussi impacté l’évacuation des eaux. Grand-Yoff fait partie de Dakar et du Sénégal. Nous méritons une politique d’assainissement et pour cette année, le ministre de tutelle a sauté l’étape de Grand Yoff lors de sa tournée prés hivernale». Le président du mouvement Aar Grand Yoff d’accuser d’ailleurs : «où sont passés ces milliards qu’ils disent avoir injecté dans les inondations ? Je n’y crois pas. Le réseau ONAS est mauvais, ses branchement refoulent l’eau dans les maisons». Seulement, Tony n’a pas également manqué de sermonner les populations, les appelant à la discipline en évitant de mettre des ordures ou des cadavres de bétail dans le canal.

Au quartier de Djeddah 2, une dame qui requiert l’anonymat fulmine : «Nous vivons cette situation depuis près d’une décennie. Les inondations nous hantent à chaque saison des pluies, nous peinons à sortir de nos maisons parce que bloqués par ces eaux de ruissèlement. Vous le voyez, toutes ces maisons sont englouties par les eaux de pluie. Personne ne peut sortir vaquer à ses occupations. Le canal d’évacuation des eaux est à quelques mètres, mais rien». Cette mère de famille lance un appel de détresse : «nous sommes à bout. Et pire, après les difficultés que nous vivons avec ces inondations, les saletés et autres microbes peuvent infecter nos enfants qui sortent jouer, il y a donc des risques de maladies. D’un autre côté certains chefs de familles construisent des murs pour barrer la route aux eaux de pluie, d’autres voient leurs maisons tout le temps inondées et le pire c’est qu’il y en a qui déversent leurs eaux d’égout sans qu’on puisse les sanctionner».

Lamp Sow menuisier à Grand Yoff s’apitoie sur son sort : «nous vivons la même situation chaque année, nous perdons du matériel et de l’argent dans ces inondations. Aujourd’hui les voitures passent devant notre atelier ce qui nous empêche de démarrer nos activités, il est 13 h on vient d’ouvrir et sans pouvoir commencer». Quant à Pierre Gomis qui habite le quartier Badiane, il se désole aussi de l’«éternisation de cette situation. Il n’y a pas de changement depuis que je fais la classe de CM1. Vous voyez toutes ces maisons sont inhabitées, les locataires sont tous partis. Moi qui vous parle, j’ai déménagé aux Parcelles assainies, mais dès les premières gouttes d’eau, j’ai couru pour venir aider ma mère qui vit dans l’eau. Personne ne veut plus habiter ce quartier c’est par manque de moyens sinon moi et ma famille irions habiter loin car c’est invivable».

A Grand Yoff où la tension était à fleur de peau, le fameux Canal n’a pu être solution pour soulager les populations environnantes. Pis cette voie qui sert de trajet à plusieurs lignes (Tata 38, P8 DDD, Tata 5, Tata 83…) de transport urbain et interurbain est restée impraticable toute la journée.
Mêmes constats de désolation à la Patte d’Oie avec les travaux de l’échangeur pour le BRT qui sont envahis par les eaux. A la Zone de captage lieu de rassemblement des eaux, les habitants étaient hier dans l’enfer des eaux.

Scat Urbam, Liberté 6 Extension, Sortie Vdn vers Ecole normale Supérieure, Autopont Yoff, hôpital Phillipe Maguilène Senghor de Yoff, partout l’eau avait dicté sa loi, bloquant les activités et les déplacements, comme ce fut le cas aussi à Castors où les routes sont complètement submergées par les eaux de pluie qui ont fortement perturbé le trafic.

VoxPopuli

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