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Le Sénégal lance une enquête nationale sur les services financiers numériques afin d’identifier la nature des risques et leur évolution

Avec LeSoleil

Le Sénégal a lancé ce 20 mai 2022, une enquête nationale sur les services financiers numériques afin d’identifier la nature des risques et leur évolution. L’objectif poursuivi est de renforcer la confiance du public, d’assurer le rééquilibrage des relations entre les usagers et les prestataires et de fournir une base d’aide à la décision aux autorités.

Le numérique offre de nombreuses opportunités dans divers domaines, notamment dans l’accès aux services financiers. En Afrique de l’Ouest, particulièrement au Sénégal, il a aidé à augmenter le taux d’inclusion financière. Malgré ces avantages, l’utilisation de cette technologie ne va pas sans risques. À défaut de les juguler, l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf) veut les réduire. Il a lancé, hier, à Dakar, l’enquête nationale sur les services financiers numériques. Cette dernière « vise à mieux appréhender les risques auxquels sont exposés les utilisateurs de mobile money et à formuler des recommandations pour un dispositif de prévention et de gestion efficace de ces risques au bénéfice des clients et des prestataires », a expliqué Habib Ndao, Secrétaire exécutif de l’Oqsf.

L’objectif de cette enquête est aussi d’identifier les freins à l’expansion de la finance digitale ; à recenser les griefs des usagers sur la qualité des services fournis ; à juguler les pratiques susceptibles d’ébranler la confiance du public ; à assurer le rééquilibrage des relations entre les usagers et les prestataires des services financiers numériques ; à apporter une réponse appropriée aux préoccupations des autorités de régulation pour mieux assurer la protection des droits des usagers. Les résultats seront une base d’aide à la décision pour les autorités.

Dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), les services financiers numériques connaissent un développement fulgurant. Le Sénégal, qui compte le plus grand nombre de prestataires après la Côte d’Ivoire, a enregistré 13,4 millions de comptes mobiles, dont 44 % sont actifs. En 2019, l’Oqsf avait mené une enquête de satisfaction sur les services financiers mobiles. « Les résultats ont laissé transparaitre divers griefs dont plus de la moitié n’étaient pas satisfaits du traitement. Cette enquête vient à point nommé, car outre l’approfondissement de ces résultats, elle favorisera la résorption du retard accusé par notre pays dans le domaine de l’évaluation des risques », a confié Habib Ndao.

Cette enquête d’envergure nationale est menée en collaboration avec le Groupe consultatif d’assistance aux pauvres (Cgap), membre du groupe de la Banque mondiale. Sa représentante en Afrique de l’Ouest, Corine Riquet, indique que 66 risques ont été identifiés et regroupés en quatre catégories. Il s’agit du risque de fraude, de la mauvaise utilisation des données, du manque de transparence et de l’inadéquation des mécanismes de recours.

Les services financiers numériques renvoient aux transferts d’argent, les paiements via le téléphone, le crédit, l’assurance et l’épargne mobile. Habib Ndao et Corine Riquet sont convaincus que la réduction des risques liés aux services financiers numériques contribuera au développement de services d’argent mobile et d’autres services financiers ; ce qui va participer à élargir l’inclusion financière, notamment au profit des plus pauvres.

Avec LeSoleil

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