Afrique

Cote d’Ivoire : la désertification menace la sécurité alimentaire et les mets face à des problèmes d’assainissement

Au beau milieu de la brousse, dans son champ situé à une dizaine de kilomètres de la ville de Bouna, à l’extrême nord-est de la Côte d’Ivoire, Kouamé Ouattara sort son ordinateur de sa housse, l’allume et fait défiler des tableurs Excel sur l’écran. Quand il n’a pas les mains dans la terre, ce cultivateur âgé d’une trentaine d’années enfile sa casquette de secrétaire général d’un groupement d’une cinquantaine de producteurs d’oignons et compile soigneusement – depuis 2011 – les chiffres de production du collectif.

Ce matin-là, son sourire cache mal son moral en berne. Il vient de terminer la consolidation des résultats de l’année précédente : les chiffres sont mauvais. La production du violet de Galmi, une variété originaire du Niger, est passée de 14 tonnes en 2016 à 9 tonnes en 2021, avec, entre-temps, « deux années blanches », précise-t-il. Entre 2017 et 2019, pas un seul oignon n’est sorti de terre. Sur son tableau, les rangées correspondant à ces deux années sont surlignées en rouge écarlate, accompagnées de la mention « RIEN »« Nos sols ne sont plus aussi fertiles qu’avant, explique-t-il d’une voix calme, ils sont érodés, épuisés et appauvris, nous n’allons pas pouvoir continuer longtemps comme cela. »

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