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Industrialisation de l’assainissement : le Sénégal vers la mise en oeuvre d’un programme national de réutilisation des eaux usées et des eaux de vidange

Le Sénégal travaille à la mise en oeuvre d’un programme national de réutilisation des eaux usées et des eaux de vidange dans le but de créer, avec le secteur privé, les conditions d’une industrialisation de l’assainissement par la production de boues de vidange, d’engrais, d’électricité et d’eau distillée, a annoncé le directeur de l’Office national de l’assainissement (ONAS), Babacar Fall.

S’exprimant à une session consacrée aux bénéfices de l’économie circulaire, organisée dans le cadre du Forum mondial de l’eau, il a insisté sur le fait que les autorités sénégalaises avaient pris conscience de l’importance de cette forme d’économie qui épouse une autre vision de l’assainissement.

’’L’assainissement ne se résume pas seulement à la collecte de déchets solides et liquides pour essayer simplement de les rejeter. Il s’agit d’une chaine de valeurs, allant de la collecte, du transport, de la transformation jusqu’à à la valorisation’’, a souligné le directeur de l’ONAS.

Il a assuré qu’il s’agissait là d’une nouvelle donne que l’ONAS entendait mettre en exergue à travers ce programme national de réutilisation des eaux usées et des eaux de vidange. Il a ajouté que les conditions étaient en train d’être mises en place par la tutelle ministérielle.

Cette valorisation doit reposer sur l’élaboration d’une stratégie combinée à la mise en place d’un système adéquat d’assainissement aussi bien autonome que collectif, a laissé entendre le directeur général de l’ONAS.

Il a fait observer que le fait de pouvoir satisfaire les besoins en eau potable d’une ville comme Dakar, dont 80 % redeviennent les eaux usées, doit inciter à créer les conditions de leur réutilisation dans les zones de productivité agricoles ou dans le secteur énergétique.

’’C’est la raison pour laquelle l’ONAS réfléchit à la mise en place d’un programme d’adduction d’eaux usées qui seront traitées dans zones agricoles’’, a-t fait savoir.

Expliquant les contours de l’économie circulaire, le directeur du cabinet dénommé ’’Environnement Déchet et Eau (EDE)’’ Cheikh Sidya Touré, est parti du principe que ’’toute matière, tout corps existant sur terre terre ne se perd pas et se transforme et c’est un principe de la vie’’.

’’Nos propres déchets à partir du moment où ils sont mis dans les toilettes, dans les fosses septiques peuvent faire le tour pour être utilisés comme engrais organiques, comme système pour produire de l’énergie avec du gaz et du bio-méthane’’, a-t-il par exemple avancé.

Depuis les toilettes, le transport, dans les camions de vidange de cette matière jusqu’au traitement dans les stations d’épuration, on a ainsi ‘’un circuit qui ramène la matière organique vers soit de l’énergie transformé ou de l’engrais organique mis dans l’agriculture’’, selon Touré.

’’L’économie circulaire doit pouvoir créer des richesses aussi bien au niveau de la construction des toilettes, appuyer le secteur privé pour créer des richesses et mettre en place des stations de traitement qui peuvent produire de l’énergie éventuellement vendue aux populations’’, a-t-il affrimé.

L’utilisation de l’engrais organique peut aider également à diminuer l’utilisation de l’engrais chimique qui peut certes donner des rendements mais appauvrit les sols avec des conséquences secondaires sur la santé des consommateurs, a encore vanté le spécialiste en économie circulaire

S’agissant du transport, le ministère de l’Eau et d’autres partenaires comptent accompagner le secteur privé à renouveler le parc des camions de vidange à travers un projet qui sera mis en oeuvre en partenariat avec l’USAID et d’autre bailleurs, a-t-on appris lors de la session

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