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Sanctions ouest-africaines : le Mali en difficulté de paiement sur les marchés financiers

Les avoirs du pays sont bloqués dans les banques centrales à cause des sanctions imposées par les États ouest-africains.

Le gouvernement malien, asphyxié par les sanctions des États ouest-africains, a enregistré depuis fin janvier plusieurs défauts de paiement sur le marché financier régional, selon l’Umoa-titres qui gère les opérations sur les marchés de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa).

Le montant des sommes dues s’élève à 53 milliards de francs CFA, soit 81 millions d’euros.

Les dirigeants ouest-africains réunis à Accra ont décidé de fermer les frontières avec le Mali et de mettre le pays sous embargo. Les militaires au pouvoir ont rappelé leurs ambassadeurs.

« Cet incident intervient dans un contexte où l’Etat du Mali est soumis à des sanctions prises à son encontre par la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des États d’Afrique de l’ouest (Cédéao) » indique l’Umoa-titres.

L’Umoa-titres est l’agence de gestion et de promotion des titres publics de la zone Uémoa qui regroupe les 8 pays d’Afrique de l’ouest utilisant le franc CFA comme monnaie (Côte d’Ivoire, Sénégal, Togo, Burkina, Mali, Guinée-Bissau, Niger et Bénin).

Le 2 février, le gouvernement malien avait annoncé ne pas avoir remboursé des paiements liés à deux émissions obligataires sur le marché financier de l’Uémoa, soit 2,6 milliards de FCFA, « à cause des restrictions ».

Sanctions contre la junte

Le Mali « a toujours honoré ses engagements sur le marché financier (et) tient à rassurer les investisseurs », ajoutait un communiqué du ministère de l’Économie et des Finances.

La Cédéao et l’Uémoa ont pris le 9 janvier une batterie de mesures économiques et diplomatiques vigoureuses à l’encontre du Mali pour sanctionner l’intention de la junte de se maintenir au pouvoir encore plusieurs années, après deux putschs en août 2020 puis en mai 2021. Elles ont suspendu toutes les transactions commerciales et financières des États membres avec le Mali, hors produits de grande consommation et de première nécessité.

Elle ont aussi gelé les avoirs du Mali dans les banques centrales de la Cédéao et dans les banques commerciales des États membres et suspendu toute aide et transaction financière en faveur du Mali de la part des institutions de financement de l’organisation.

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