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[Tribune] ๐—šuelwaar ou la dรฉcolonisation de la pensรฉe politique africaine

๐——๐—ฟ ๐—•๐—ฎ๐—ฏ๐—ฎ๐—ฐ๐—ฎ๐—ฟ ๐——๐—œ๐—ข๐—ฃ - ๐—ฆ๐—ฒ๐—ฐ๐—ฟ๐—ฒฬ๐˜๐—ฎ๐—ถ๐—ฟ๐—ฒ ๐—ด๐—ฒฬ๐—ป๐—ฒฬ๐—ฟ๐—ฎ๐—น ๐—™๐—ผ๐—ฟ๐—ฐ๐—ฒ๐˜€ ๐—ฑ๐—ฒฬ๐—บ๐—ผ๐—ฐ๐—ฟ๐—ฎ๐˜๐—ถ๐—พ๐˜‚๐—ฒ๐˜€ ๐—ฑ๐˜‚ ๐—ฆ๐—ฒฬ๐—ป๐—ฒฬ๐—ด๐—ฎ๐—น (๐—™๐——๐—ฆ/๐—Ÿ๐—ฒ๐˜€ ๐—š๐˜‚๐—ฒ๐—น๐˜„๐—ฎ๐—ฎ๐—ฟ๐˜€

ยซ ๐™‰๐™ค๐™ฉ๐™ง๐™š ๐™œ๐™šฬ๐™ฃ๐™šฬ๐™ง๐™–๐™ฉ๐™ž๐™ค๐™ฃ [โ€ฆ] ๐™ฃ๐™š ๐™ฅ๐™ค๐™ช๐™ง๐™ง๐™– ๐™ฅ๐™–๐™จ ๐™šฬ๐™ซ๐™ž๐™ฉ๐™š๐™ง ๐™ก๐™– ๐™ฉ๐™š๐™ข๐™ฅ๐™šฬ‚๐™ฉ๐™š ๐™ž๐™ฃ๐™ฉ๐™š๐™ก๐™ก๐™š๐™˜๐™ฉ๐™ช๐™š๐™ก๐™ก๐™š ; ๐™ฆ๐™ชโ€™๐™š๐™ก๐™ก๐™š ๐™ก๐™š ๐™ซ๐™š๐™ช๐™ž๐™ก๐™ก๐™š ๐™ค๐™ช ๐™ฃ๐™ค๐™ฃ, ๐™š๐™ก๐™ก๐™š ๐™จ๐™š๐™ง๐™– ๐™–๐™ข๐™š๐™ฃ๐™šฬ๐™š ๐™–ฬ€ ๐™ฅ๐™ง๐™š๐™ฃ๐™™๐™ง๐™š ๐™ก๐™š ๐™ฉ๐™–๐™ช๐™ง๐™š๐™–๐™ช ๐™ฅ๐™–๐™ง ๐™ก๐™š๐™จ ๐™˜๐™ค๐™ง๐™ฃ๐™š๐™จ, ๐™–ฬ€ ๐™™๐™šฬ๐™—๐™–๐™ง๐™ง๐™–๐™จ๐™จ๐™š๐™ง ๐™จ๐™ค๐™ฃ ๐™š๐™จ๐™ฅ๐™ง๐™ž๐™ฉ ๐™™๐™š๐™จ ๐™ง๐™š๐™˜๐™š๐™ฉ๐™ฉ๐™š๐™จ ๐™ž๐™ฃ๐™ฉ๐™š๐™ก๐™ก๐™š๐™˜๐™ฉ๐™ช๐™š๐™ก๐™ก๐™š๐™จ ๐™š๐™ฉ ๐™™๐™š๐™จ ๐™—๐™ง๐™ž๐™—๐™š๐™จ ๐™™๐™š ๐™ฅ๐™š๐™ฃ๐™จ๐™šฬ๐™š, ๐™ฅ๐™ค๐™ช๐™ง ๐™จโ€™๐™š๐™ฃ๐™œ๐™–๐™œ๐™š๐™ง ๐™ง๐™šฬ๐™จ๐™ค๐™ก๐™ช๐™ข๐™š๐™ฃ๐™ฉ ๐™™๐™–๐™ฃ๐™จ ๐™ก๐™– ๐™จ๐™š๐™ช๐™ก๐™š ๐™ซ๐™ค๐™ž๐™š ๐™ซ๐™ง๐™–๐™ž๐™ข๐™š๐™ฃ๐™ฉ ๐™™๐™ž๐™–๐™ก๐™š๐™˜๐™ฉ๐™ž๐™ฆ๐™ช๐™š ๐™™๐™š ๐™ก๐™– ๐™จ๐™ค๐™ก๐™ช๐™ฉ๐™ž๐™ค๐™ฃ ๐™™๐™š๐™จ ๐™ฅ๐™ง๐™ค๐™—๐™ก๐™šฬ€๐™ข๐™š๐™จ ๐™ฆ๐™ช๐™š ๐™กโ€™๐™๐™ž๐™จ๐™ฉ๐™ค๐™ž๐™ง๐™š ๐™ก๐™ช๐™ž ๐™ž๐™ข๐™ฅ๐™ค๐™จ๐™š. ๐˜พ๐™š๐™ก๐™– ๐™จ๐™ช๐™ฅ๐™ฅ๐™ค๐™จ๐™š ๐™ช๐™ฃ๐™š ๐™–๐™˜๐™ฉ๐™ž๐™ซ๐™ž๐™ฉ๐™šฬ ๐™™๐™š ๐™ง๐™š๐™˜๐™๐™š๐™ง๐™˜๐™๐™š, ๐™–๐™ช ๐™จ๐™š๐™ฃ๐™จ ๐™ก๐™š ๐™ฅ๐™ก๐™ช๐™จ ๐™–๐™ช๐™ฉ๐™๐™š๐™ฃ๐™ฉ๐™ž๐™ฆ๐™ช๐™š, ๐™™๐™š๐™จ ๐™š๐™จ๐™ฅ๐™ง๐™ž๐™ฉ๐™จ ๐™ก๐™ช๐™˜๐™ž๐™™๐™š๐™จ ๐™š๐™ฉ ๐™›๐™šฬ๐™˜๐™ค๐™ฃ๐™™๐™จ, ๐™˜๐™–๐™ฅ๐™–๐™—๐™ก๐™š๐™จ ๐™™โ€™๐™–๐™ฉ๐™ฉ๐™š๐™ž๐™ฃ๐™™๐™ง๐™š ๐™™๐™š๐™จ ๐™จ๐™ค๐™ก๐™ช๐™ฉ๐™ž๐™ค๐™ฃ๐™จ ๐™š๐™›๐™›๐™ž๐™˜๐™–๐™˜๐™š๐™จ ๐™š๐™ฉ ๐™™โ€™๐™š๐™ฃ ๐™šฬ‚๐™ฉ๐™ง๐™š ๐™˜๐™ค๐™ฃ๐™จ๐™˜๐™ž๐™š๐™ฃ๐™ฉ๐™จ ๐™ฅ๐™–๐™ง ๐™š๐™ช๐™ญ-๐™ข๐™šฬ‚๐™ข๐™š๐™จ, ๐™จ๐™–๐™ฃ๐™จ ๐™ก๐™– ๐™ข๐™ค๐™ž๐™ฃ๐™™๐™ง๐™š ๐™ฉ๐™ช๐™ฉ๐™š๐™ก๐™ก๐™š ๐™ž๐™ฃ๐™ฉ๐™š๐™ก๐™ก๐™š๐™˜๐™ฉ๐™ช๐™š๐™ก๐™ก๐™š ยป, ๐˜พ๐™๐™š๐™ž๐™ ๐™ ๐˜ผ๐™ฃ๐™ฉ๐™– ๐˜ฟ๐™„๐™Š๐™‹, ๐™‡๐™š๐™จ ๐™›๐™ค๐™ฃ๐™™๐™š๐™ข๐™š๐™ฃ๐™ฉ๐™จ ๐™šฬ๐™˜๐™ค๐™ฃ๐™ค๐™ข๐™ž๐™ฆ๐™ช๐™š๐™จ ๐™š๐™ฉ ๐™˜๐™ช๐™ก๐™ฉ๐™ช๐™ง๐™š๐™ก๐™จ ๐™™โ€™๐™ช๐™ฃ ๐™€ฬ๐™ฉ๐™–๐™ฉ ๐™›๐™šฬ๐™™๐™šฬ๐™ง๐™–๐™ก ๐™™โ€™๐˜ผ๐™›๐™ง๐™ž๐™ฆ๐™ช๐™š ๐™‰๐™ค๐™ž๐™ง๐™š, ๐™‹๐™ง๐™šฬ๐™จ๐™š๐™ฃ๐™˜๐™š ๐˜ผ๐™›๐™ง๐™ž๐™˜๐™–๐™ž๐™ฃ๐™š, 1974, ๐™ฅ๐™ฅ.24-25.
Lโ€™attitude du ministre de lโ€™Intรฉrieur qui nous rรฉcuse le droit dโ€™intรฉgrer le terme ยซ Guelwaar ยป dans la dรฉnomination de notre parti montre que nous sommes encore plongรฉs dans la colonialitรฉ du pouvoir en Afrique. Les cultures, les langues, les savoirs et les visions des peuples africains sont toujours niรฉs, mรฉprisรฉs, occultรฉs et infรฉriorisรฉs, parce quโ€™ils relรจveraient de la race, de lโ€™ethnie, du traditionnel et du local. Pourtant, il y a un potentiel รฉmancipateur extraordinaire au sein des peuples africains. Beaucoup de concepts hรฉgรฉmoniques de la modernitรฉ occidentale sont รฉpuisรฉs et ont perdu leurs รฉnergies mobilisatrices et รฉmancipatrices. Cโ€™est pourquoi, il est nรฉcessaire de sortir de notre indolence intellectuelle afin de crรฉer des concepts nouveaux ร  partir des rรฉalitรฉs concrรจtes africaines. Nous devons promouvoir des faรงons de penser innovantes et rรฉvolutionnaires ร  partir de la reconstruction des rรฉpertoires de lโ€™รฉmancipation sociale ; il faut aussi le faire en partant de la pluralitรฉ des savoirs et de conceptions distinctes de la dignitรฉ humaine afin dโ€™imaginer une sociรฉtรฉ alternative.

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Mรชme des intellectuels de gauche tombent dans le piรจge des prรฉjugรฉs : ils pensent le plus souvent le monde et lโ€™รฉmancipation du continent avec des concepts eurocentriques. Un penseur comme Karl Marx, par exemple, ne connaรฎt pas notre situation. La trame de sa rรฉflexion รฉtait fondรฉe sur la situation des opprimรฉs dโ€™Europe et non sur celle des pays dโ€™Afrique. Cheikh Anta Diop, Lรฉopold S. Senghor, Amilcar Cabral, Franz Fanon et Julius Nyerere nous connaissent : ils ont pensรฉ ร  partir de nos rรฉalitรฉs africaines. Ainsi nous devons valoriser les thรฉories, les pratiques et les expรฉriences de rรฉsistance qui รฉmergent des rรฉalitรฉs africaines. Nous avons besoin de lโ€™รฉmergence dโ€™un mode de subversion culturel du pouvoir en Afrique qui sera ร  la fois une subversion thรฉorique, รฉthique, esthรฉtique, politique et รฉcologique. Dans ce sens, le renouveau politique africain doit se fonder sur une rupture รฉpistรฉmologique.

Ainsi, nous devons dรฉcoloniser la pensรฉe politique africaine afin de fonder de nouvelles utopies, de nouvelles perspectives dโ€™รฉmancipation et de libรฉration des peuples. La raison europรฉenne la plus gรฉnรฉreuse et la plus humaniste ne peut satisfaire les besoins de tous les humains. Les sociรฉtรฉs humaines nโ€™ont pas les mรชmes rรฉalitรฉs et les mรชmes trajectoires historiques. Cโ€™est la raison pour laquelle, nous devons oser crรฉer ร  partir de nous-mรชmes, de nos rรฉalitรฉs concrรจtes, cโ€™est-ร -dire bรขtir ร  partir des vertus africaines, conformes ร  la personnalitรฉ africaine.

Lโ€™idรฉe de progrรจs et de justice est ancrรฉe dans nos propres traditions avec des cosmovisions et des figures qui promeuvent la dignitรฉ humaine. Nous devons mobiliser cet imaginaire afin de conduire la rรฉsistance politique et la construction dโ€™une sociรฉtรฉ alternative au capitalisme et au colonialisme. De nombreuses pratiques transformatrices prennent forme dans les anciennes colonies, dans des lieux parfois inconnus de lโ€™Occident, ร  lโ€™initiative de personnes qui parlent des langues non coloniales. Elles font usage de leurs propres armes, cโ€™est-ร -dire celles qui ont leur nom dans leurs langues propres. Leurs concepts ne sont pas familiers ร  ceux de la politique occidentale de lโ€™รฉmancipation. Leurs concepts se dรฉfinissent dans mots symboliques de leurs rรฉalitรฉs propres comme ยซ terre ยป, ยซ ancรชtre ยป, ยซ dignitรฉ ยป, ยซ guelwaar ยป, ยซ libรฉration ยป et ยซ bien-vivre ยป. Pour cette raison, il nous faut sortir de la domination intellectuelle et cognitive afin de promouvoir les ยซ รฉpistรฉmologies du Sud ยป (B. De Sousa Santos, ร‰pistรฉmologies du Sud, ร‰ditions Desclรฉe de Brouwer, 2016), car les plus grandes innovations sociales et politiques de ces derniรจres dรฉcennies ont eu lieu dans le Sud, comme en Amรฉrique latine oรน les mouvements sociaux ont donnรฉ un souffle nouveau ร  la dรฉmocratie.

En rรฉalitรฉ, dรฉcoloniser la pensรฉe politique, selon les termes de B. De Sousa Santos, cโ€™est ยซ apprendre du Sud anti-impรฉrialiste ยป, de ses thรฉories, de ses pratiques et de ses expรฉriences de rรฉsistance pour construire une sociรฉtรฉ alternative. Cela suppose de sortir de la tyrannie de la raison europรฉenne afin de valoriser correctement les innovations politiques du monde entier et leur contribution finale ร  la politique รฉmancipatrice dans son ensemble. La pensรฉe hรฉgรฉmonique centrรฉe sur le Nord et ses rรฉfรฉrences est le plus souvent colonialiste, impรฉrialiste, et parfois raciste.

Ne lโ€™oublions pas, lโ€™idรฉologie du libรฉralisme est ร  la base du colonialisme et du massacre de beaucoup de peuples indigรจnes en Amรฉrique latine, en Afrique et en Asie. Ses promoteurs prรฉtendaient apporter une civilisation ร  des peuples primitifs qui, selon eux, vivaient dans la barbarie la plus sauvage. Les luttes les plus avancรฉes ont รฉtรฉ le fait de groupes sociaux dont la thรฉorie critique eurocentrique nโ€™avait pas prรฉvu lโ€™existence : les peuples indigรจnes, les paysans, les femmes, les afro-descendants et les รฉcologistes qui luttent pour la protection de la planรจte. Ces groupes sโ€™organisent sous des formes diffรฉrentes de celles de la thรฉorie critique eurocentrique qui privilรฉgie le parti des travailleurs, le syndicat et la grรจve. Ils sโ€™organisent par des mรฉthodes diffรฉrentes comme les mouvements sociaux, les rassemblements, lโ€™occupation de terres et les assemblรฉes populaires

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Le mot de ยซ gauche ยป a รฉtรฉ inventรฉ en Occident, mais bien avant, sous dโ€™autres cieux, avec dโ€™autres mots, dโ€™autres croyances et imaginaires, des hommes et des femmes sans porter lโ€™รฉtiquette ยซ de gauche ยป se sont battus pour les mรชmes valeurs : la justice, lโ€™รฉgalitรฉ et la dignitรฉ. Ainsi il y a eu en Afrique, en Amรฉrique latine et dans dโ€™autres univers des expรฉriences et des pratiques progressistes qui mรฉritent reconnaissance. En ce sens, nous considรฉrons la Charte du Mandรฉ de 1222, la Charte du Kurukan Fuga de 1236, la rรฉvolution de 1776 de Thierno Souleymane Ball comme des expรฉriences politiques progressistes en Afrique. Il y a des sagesses conservรฉes de la tradition orale qui peuvent inspirer des conduites patriotiques et hรฉroรฏques.

En vรฉritรฉ, il sโ€™agit pour nous de dรฉvelopper et de promouvoir des concepts dโ€™รฉmancipation et de libรฉration non eurocentiques afin de proposer des comprรฉhensions et des usages contre-hรฉgรฉmoniques. La dรฉmocratie ne se rรฉduit pas ร  des concepts hรฉgรฉmoniques tels que lโ€™ร‰tat droit, les droits de lโ€™homme, le marchรฉ libre et la bonne gouvernance. Il y a dans les langues nationales des peuples du Sud des concepts qui peuvent mobiliser de nouvelles รฉnergies รฉmancipatrices. Ainsi notre projet est dโ€™รฉlever nos langues nationales au niveau de nโ€™importe quelle langue europรฉenne.

Par consรฉquent, nous avons voulu penser et agir ร  partir de notre propre imaginaire, de nos propres langues nationales, de notre propre mรฉmoire collective pour rรฉsister ร  lโ€™oppression culturelle et รฉpistรฉmologique afin de crรฉer une rรฉvolution dรฉmocratique. Il y a un besoin de revenir aux affects, mythes et grands mots afin de construire une nouvelle utopie africaine. La rรฉvolution doit prendre sa source dans la renaissance des valeurs traditionnelles capables dโ€™inspirer des conduites รฉmancipatrices.
Nous sommes partis de Guelwaar, parce quโ€™il est porteur dโ€™รฉnergies nouvelles et รฉmancipatrices. Dans la sociรฉtรฉ africaine traditionnelle, Guelwaar nโ€™est pas une communautรฉ, cโ€™est un statut social, une catรฉgorie sociale dโ€™hommes et de femmes qui proclament lโ€™option prรฉfรฉrentielle pour la dignitรฉ. Il est le symbole de la parentรฉ profonde qui unit les diffรฉrentes ethnies de notre pays, car il crรฉe lโ€™enthousiasme dโ€™un vรฉritable sentiment patriotique. Guelwaar est une vertu, un comportement : รฉlรฉgance du verbe, รฉlรฉgance du corps, noblesse de lโ€™esprit et du cล“ur. Pour nous, le but cโ€™est lโ€™รฉducation des citoyens, les rendre guelwaar dans le sens plein, comme disent les Grecs, les rendre kaloskagathos, cโ€™est-ร -dire ยซ beau et bon ยป. Guelwaar cristallise les vertus cardinales de notre sociรฉtรฉ : le courage physique, la persรฉvรฉrance, lโ€™audace, lโ€™honnรชtetรฉ, le respect de la parole, le refus, le patriotisme et le sens de lโ€™hospitalitรฉ. De ce fait, Guelwaar est une idรฉologie nationale, une contribution ร  la construction symbolique dโ€™un espace national oรน le peuple รฉmerge comme un agent historique. Donc, Guelwaar est un choix pour la dignitรฉ, cโ€™est-ร -dire un projet de dรฉmocratie radicale.

Nous suivons donc la longue route de la ยซ dignitรฉ sans tรขche ยป des Guelwaars. Notre projet est de protรฉger et de dignifier la vie. En ce sens, Patrice Lumumba, le Guelwaar immaculรฉ, sorti du fleuve Congo, parle depuis des dรฉcennies ร  notre jeunesse patriotique et hรฉroรฏque dans un testament ร  la postรฉritรฉ : ยซ sans dignitรฉ, il nโ€™y pas de libertรฉ, sans justice il nโ€™y a pas de dignitรฉ, et sans indรฉpendance il nโ€™y a pas dโ€™hommes libres ยป (La pensรฉe politique de Patrice Lumumba, Prรฉsence Africaine, 1963, p. 390). Partant de cette inspiration profonde qui consacre la dignitรฉ humaine, les Guelwaars prรฉfรจreront toujours la mort ร  la honte.
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